Je me souviens de cette histoire que me contait mon père. Un roi avait commandé une œuvre gigantesque au plus grand peintre connu de l’époque en lui demandant de représenter la gloire du royaume.
Celle-ci devait être exécuté sur un pan de mur de la cathédrale.
Le peintre accepta sans oublier de demander une avance pour débuter les travaux. Son premier travail fut la mise en place d’un échafaudage qu’il recouvrit de façon à ne rien laisser entrevoir de l’œuvre en création.
Un an s’écoula et le roi demanda à voir de ses yeux l’avancement des travaux.
Le peintre de dire :
- Mon grand roi, il est impossible actuellement à tout humain de voir l’œuvre inachevée. Sa pureté en serait altérée. Il vous faut être patient. De plus la somme que vous m’avez octroyée est insuffisante. Je vais être dans l’obligation d’arrêter les travaux à moins que…
- Que quoi ? dit le roi
- Que vous tripliez la somme de départ et je vous certifie que son exécution sera parfaite.
Le roi voulant voir la gloire de son royaume lui dit :
- Tu auras ce que tu demandes. Remets toi promptement au travail et appelle-moi qu’en tu auras terminé.
Deux ans s’écoulèrent et le roi revint vers le peintre. Il lui dit :
- Demain fini ou pas fini, je veux voir l’œuvre que j’ai commandé.
- Pas de problème, s’exclama le peintre. Demain c’est possible mais à une condition
- Laquelle, dit le roi.
- Organisons une fête grandiose que vous mon roi et toute la cour soit présente et demain je découvrirai mon œuvre.
Arrivé le jour J le peintre accueilli l’assemblée, le roi et avant de découvrir l’échafaudage, prononça ces mots :
- L’œuvre que j’ai exécuté durant ces trois dernières années est totalement terminée et réellement extraordinaire, mais celle-ci comporte une particularité.
Si vous êtes pécheurs vous distinguerez à mon grand regret qu’un mur blanc mais si au contraire vous avez un cœur pur, alors vous verrez toute la gloire et la magnificence du royaume.
Le peintre découvrit l’échafaudage. Un long silence s’établit dans l’assemblée puis une personne s’exclama :
- Il me semble que je distingue quelque chose.
Puis deux, puis trois, puis toute l’assemblée entra dans une liesse d’exclamations devant la magnificence, la beauté de l’œuvre du peintre « érudit ».
Le roi se rangea bien entendu, à la pensée générale et le peintre repris son chemin les poches pleines de sa supercherie, sans être inquiété.
Il est peut-être inutile de vous dire que le mur était blanc et l’argent déjà dépensé.
Il semble néanmoins, que l’art s’il a une valeur, celle-ci ne se calcule pas ; l’on peut penser que sa valeur est directement proportionnelle à l’aspect intrinsèque que l’on y introduit lors de la réalisation. Encore faut-il que cette réalisation soit faite avec vérité.