Gamaliel
- Que dis-tu ?
Nicodème
- Le troisième jour, à l’aube, Dieu l’a relevé d’entre les morts.
Gamaliel laissa les paroles de Nicodème s’amplifier dans le silence. Puis il demanda :
- L’as-tu vu ? Touché ? Lui as-tu parlé ?
Nicodème
- Oui, c’était le jour de Shabbat. Nous étions près de 500 rassemblés en son nom.
Gamaliel
- Où cela ? A la synagogue ?
Nicodème
- Non. Au bord de la mer de Galilée, sur la hauteur où il avait multiplié le pain. Tout à coup, il fut au milieu de nous. Il s’assit sur un rocher selon son habitude et se mit à nous enseigner, à nous expliquer ce qui s’était passé et pourquoi tout cela. Puis à l’approche du soir, il rompit le pain et nous le distribua lui-même, s’arrêtant auprès de chacun de nous, nous écoutant, répondant à nos questions, nous bénissant. J’ai pu lui parler. Il a posé sa main sur mon épaule et m’a dit :
- tu vas bientôt renaître de feu et d’Esprit.
Puis il nous a quittés.
Gamaliel
- Pour aller où ?
Nicodème
- Il n’est pas parti. Simplement, il n’était plus là.
Gamaliel réfléchit.
- Je te crois, Nicodème, je n’ai aucune raison de mettre en doute ce que tu me dis, aussi incroyable que cela puisse paraître, car je sais que rien n’est impossible à Dieu.
Mais tu as dit ‘Le Messie’. Si Yeshouah était le Messie, la gazelle se coucherait auprès du lion, l’agneau auprès du loup, nos chars de guerre et nos épées se transformeraient en socs de charrue.
Nicodème
- Il ne dépend que de nous de consentir à entrer dans le Royaume des Cieux et à transformer nos chars de guerre en socs de charrue. Qu’est- ce qui nous en empêche ?
Gamaliel
- Je préférerais que cela ne dépende que de Dieu. Car si cela dépend des hommes, combien de temps faudra-t-il encore ?
Nicodème
- Laisse donc à Dieu le temps d’achever, dans le temps des hommes, ce qui est déjà accompli dans le non-temps de Dieu.