Moi, dit le chagrin…
Je suis ton interprétation des faits
Et si tu as des larmes,
Je n’en suis que le véhicule
Sans en avoir jamais été la cause.
Si tu savais,
Libéré de tes émotions,
N’en rester qu’à un constat,
Sans porter de jugement
Ni sur toi ni sur les autres,
Tu m’enlèverais la possibilité d’exister
Et à toi celle de souffrir.
Le jour où tu parviendras
A apprivoiser ta souffrance,
Je pourrai me retirer des affaires
N’ayant plus de raison d’être.
Mais ne te chagrine surtout pas…
D’autres que toi prendront le temps
De m’occuper, car beaucoup,
Sans la souffrance,
Auraient l’impression
De ne plus exister.
« Moi, dit… » page 36
Moi, dit la Colombe…
Je veux faire la paix.
Mais je vois si souvent
Les hommes se haïr…
Je n’arrive pas à croire
Qu’un jour, sur la terre,
La paix sera possible.
Mais si tu veux m’aider,
Etre artisan de paix,
Alors, à nous deux,
Nous changerons le monde.
Enterre tes soucis,
Fais taire tes querelles,
Alors, sur ton visage,
Fleurira le rameau d’olivier
Né du premier printemps
D’après le déluge.
Sans doute faut-il l’assaut
De tes peines et de tes émotions
Pour pouvoir découvrir
Et goûter à la Paix.
Aucune baïonnette au monde
Qui, un jour, ne sera rangée
Après l’avoir essuyée du sang
Qu’inutilement elle avait versé…
Aucune barrière
Ni aucun mur de Berlin
Qui ne seront renversés…
Même si tu ne me laisses
Qu’un boulet de canon
A couver au creux d’un obus,
La guerre n’est pas inévitable.
Cherche au-dedans de toi
La clé qui t’ouvrira
A un horizon nouveau
Où la bienveillance
Ouvrira le loquet de ta prison.
« Moi, dit… » page 49
Je cherchais le Bien-aimé
Dans le monde entier et Il m’attendait
Dans ma propre demeure.
Durant la nuit, je cherchais la lumière
Et elle était pourtant, depuis toujours,
Au-dedans de moi…
Conscients de cette tendresse créatrice
Qui fait tourner les mondes,
Conscients de cette réalité
Que nous sommes en devenir
D’unité dans le « grand-tout »,
S’éveille en nous, plus facilement,
La certitude de l’Infini.
En attendant d’avoir atteint
Le sommet de ce bonheur,
Des marches nous y mènent,
D’autres étapes de certitude,
Celle de la rédemption de toute misère :
L’Amour-Miséricorde.
Chacun y a sa place.
S’il croit l’avoir perdue,
Voici qu’il la retrouve…
Il ne l’avait jamais quittée ;
L’enfant prodigue a retrouvé
La Tendresse éternelle du Père.
(tendresse tome 1 page 81)
Notre réponse positive
A tant de millions de morts
De faim et de maladie,
Est d’aller chaque jour
Semant naïvement l’amour,
La bonté et les pardons.
Nous ne devons nous sentir
Ni coupables ni responsables
De toutes les haines,
Violences et turpitudes
Que la télévision nous sert
A longueur de journaux
Et qui deviennent banales…
Il nous faut, naïvement,
Nous glisser
Au milieu de toutes ces lâchetés,
Les dissoudre dans l’amour
Avec humilité.
Alors nos larmes de compassion
Ne seront pas stériles,
Elles deviendront même
Un levain d’espérance.
(Tendresse tome 2 - page 123)
Un jour
Quand je serai grand…
J’arracherai de mon jardin
Toutes les pensées négatives
Qui ont la forme
Des mauvaises herbes…
Je ne cultiverai et ne récolterai
Aucun souci, aucun ennui,
Car ils étoufferaient
Mes espérances
D’être grand un jour
Et de pouvoir essuyer
Toutes les larmes qui coulent
Sur les joues humaines…
(Un jour quand je serai grand - page 3)
La « venue »
De JESUS sur terre
Se produit à tout moment
En chacun de nous.
C’est toujours
La première fois.
Noël est hors du temps,
Noël n’a pas de soir,
C’est l’intrusion
De l’humain
Dans l’éternel,
L’enfantement du fini
Dans l’infini
(Noël aujourd’hui et maintenant page 52)
Et si la tendresse était la nostalgie
De l’irrésistible soif
D’avoir pu, un jour, se trouver beau
Dans le miroir des yeux de sa mère ?...
Cette soif devient le besoin
De cultiver cette nostalgie,
Et de se dire
Qu’il est sans doute possible,
Comme l’objectif de l’appareil photo,
D’aller, durant le reste de sa vie,
Chercher le meilleur profil des autres,
Pour leur renvoyer, comme un miroir,
D’envie d’être beaux.
La tendresse devient alors
Un jeu de regards,
Un entrecroisement silencieux,
Sans mot dire,
De la première des tendresses :
L’angélique « concubinage » amoureux
De l'enfant à sa mère.
« Tendresse » (tome 1 page 75)
Quoi qu’on évoque
Des souvenirs de son enfance,
On y trouve toujours
Du féminin pluriel,
Comme si la tendresse de l’homme
Avait le même genre que la vie :
La terre, la mère et la douceur du sein.
Rien ne pourra effacer de nos mémoires
Ce besoin radical de notre nature
Qui nous invite à reverser
Ce lait d’amour.
Par quoi pourraient bien être remplacés
Tous les « n’importe quoi » d’amour
Que la mère gazouille à son enfant
En lui donnant le sein ?
Les enfants qui ne les ont pas eu,
Les attendront toute leur vie,
A moins que toi, Tendresse,
Tu viennes en eux et en moi,
Gazouiller et nous bercer
De tous les secrets de la vie
Pour qu’à notre tour
Nous puissions en ruisseler.
Moi, dit la prière…
Je suis ce que je demande à DIEU
De ne pas exaucer.
Car je le prie trop souvent
De satisfaire mes envies
Au lieu de le laisser
Faire naître en moi ses désirs.
Mes envies me limitent
Dans ma finitude,
Ses désirs me greffent à « l’infinitude ».
Ce que je suis, dit la prière,
Tu l’exprimes par des mots
Pour exorciser tes maux.
Mais comme il existe sur notre terre
Sept mille six cent trois
Langues différentes,
Il se pourrait bien que DIEU
Ne les comprenne pas toutes.
Pour être sûr qu’Il t’entende,
Contente-toi du silence :
Celui qui n’a pas d’yeux mais voit,
Qui n’a pas d’oreilles mais entend,
Qui n’a pas de bouche mais parle,
Percevra au secret de son Cœur
Les secrets de ton cœur.
Alors l’Amour sera la prière
De toutes les supplications
De ton âme.
Moi, dit la prière,
Je suis ce que les maîtres spirituels
Enseignent sans rien dire.
Le stylo ne peut comprendre
Ce qu’il écrit,
Les mots de ta prière ne peuvent
Comprendre
Dieu.
Seul le vide du silence
Peut faire naître en toi l’avidité
Du tout Autre, au-delà de toute forme.
Moi, dit la prière, je suis
Le Silence de DIEU,
Lorsqu’Il parle en toi,
Le regard de DIEU
Lorsque tu t’aveugles de Lui,
La Parole de DIEU
Lorsque, sans « mot-dire »,
Tu es « béné-diction » silencieuse.
« Moi, dit… » ( page 69 )
Un jour
Quand je serai grand…
J’aurai toujours avec moi
Une lime,
Pour scier un à un
Les maillons de la haine,
Pour désenchaîner un à un
Tous les petits îlots
De bonheur, de tendresse
Que je rencontrerai…
Et comme la souris blanche
Qu’enfant je lâchais
Tous les soirs sous mon lit,
Je scierai patiemment
Les barreaux des prisons
Du cœur de l’homme
Pour y mettre en liberté
L’Amour.
Un jour
Quand je serai grand…
Je regarderai ramper
Les chenilles,
Imaginant que la fleur
En est jalouse
Parce qu’elles pourront,
Elles, un jour,
Voler vers le soleil.
A l’unanimité de mes jours
J’adopterai le bonheur,
Lui consacrant ma vie,
En serviteur comblé.
De tous les commencements,
Mon avenir bruissera.
Et je n’oublierai pas
De regarder la chenille
Qui, pour l’instant,
Ne sait que ramper…
(un jour quand je serai grand) pages 1 et 2