On raconte que Miche Ange, devenu vieux, avait reçu une commande : il lui fallait, pour la chapelle particulière de l’archiduchesse, sculpter le Cœur de DIEU. On l’appelera des siècles
Plus tard « Le Sacré-Cœur ». Le vieux Miche Ange confia donc à son plus jeune élève le soin d’en chercher un modèle. Il était un peu simplet, n’était pas allé à l’école, sauf celle du grand Maître sculpteur. De son enseignement il avait retenu que la plus belle œuvre d’art était de pardonner à la laideur pour embellir le monde.
Le jeune sculpteur un peu simple partit donc à la recherche d’un modèle. On prétendait qu’il avait des « Voix » (comme Jeanne d’Arc). Il s’était d’abord dirigé vers le Palais royal… « Non ce n’est pas ici » avait encore dit la Voix… Il alla vers le palais de l’archevêque…
« Pas ici ». Il quitta donc la capitale et parcouru le royaume. De ville en ville, des années durant il chercha. De monastère en couvent, partout il tentait de découvrir un modèle pour sculpter le cœur de DIEU.
Toujours sa Voix lui disait « Non, pas ici ». Devenu vieux, il allait cesser sa quête inutile : il n’y a pas, sur terre, de modèle pour représenter le cœur de DIEU. Quand, brusquement, sa Voix lui dit : »C’est ici ».
Il était devant une chaumière dans laquelle il entra. Seule une petite vieille était là. Désespérée de vivre, elle serrait dans sa main un vieux chapelet usé en attendant la mort. Il tenta de lui parler. Brides par brides, elle lui compta sa vie : enfant, elle avait été abandonnée, mais elle avait pardonné… de l’école on l’avait retirée pour soigner les cochons avec lesquels elle partageait sa nourriture…Mais elle avait pardonné. Violée et battue par le paysan, elle avait pardonné. Mariée sans avoir choisi et sans passer par l’église car elle n’avait pas d’argent, elle avait encore pardonné.
Abandonnée avec un enfant qui plus tard était mort à la guerre, comme d’habitude elle avait pardonné en acceptant. Tous ces pardons avaient creusé sur ses joues des sillons de larmes mais qui, lorsqu’elle souriait, semblaient raconter, en creux et à l’envers, toute sa vie de bonté, de bienveillance, d’humilité et de patience.
Voilà, dit la petite Voix, le modèle pour sculpter le Cœur de DIEU. Sais-tu qu’il est en toi le Cœur de DIEU, et qu’il s’agrandit de chacun de tes pardons ? Lui seul peut faire régner la Paix qui est la Compassion en toi du meilleur qui pardonne au pire de ne pas être un saint.
Si tu vivais cela, humblement, patiemment, tu n’aurais même plus peur de la mondialisation, le plus terrible obstacle à l’humanisation. A toi de décider au quotidien si elle sera l’échec ou la réussite de l’humanité, car en toi bat le Cœur de DIEU.
André-Marie