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“La charité consiste à unir
Toutes nos énergies
Aux énergies de l’être blessé,
Pour le guérir ensemble
De son mal devenu nôtre.”
                           Abbé Pierre

Préface
Au cours de tournées de conférences à travers la France, avec le Père Pedro, je voyais les visages des auditeurs s’éclairer, s’ouvrir, sourire... preuve que leur cœur était touché par ses paroles de bienveillance.
Souvent j’ai essayé de comprendre pourquoi le récit des horreurs qu’il nous décrit avec sa voix douce et ferme n’éveille pas en nous la révolte... Je voyais les visages devenir graves et beaux... C’est que, chez lui, les dénonciations de la misère deviennent des annonciations d’un bonheur à venir possible.
Lorsque la misère de nos frères touche notre cœur, nous devenons “miséricorde” et compassion.
Si Jésus nous dit : “Ce que tu fais au plus petit d’entre les miens, à Moi tu le fais...”, c’est que nos petits gestes résonnent au Cœur du divin qui nous habite déjà.
Pourquoi ne pas prolonger l’ambiance de ces conférences en méditant certaines des paroles relevées au cours de ces soirées-partage. Elles feront en nous leur chemin de sérénité.
Père André-Marie


Avant propos

Quand j’ai vu dans les rues de Tananarive, des milliers de personnes, des enfants, là sur les trottoirs, les marchés, vivant des ordures de la décharge, j’ai trouvé cela tellement révoltant, tellement inhumain que je me suis dit : “Tout de suite, ici, il faut faire quelque chose”.
J’ai rassemblé quelques-uns de ces exclus, désireux de sortir de cette pauvreté intolérable qui durait depuis trop longtemps : c’est donc en 1989, dans une cabane en carton et en plastique, qu’a commencé cette aventure d’envergure extraordinaire et qu’est née l’association Akamasoa  (les bons amis).
A Madagascar, les précédents gouvernements n’ont pas réussi à faire diminuer la pauvreté. Les plus pauvres doivent toujours attendre pour résoudre leurs problèmes. Pour eux, on ne se presse jamais. Vaincus par la misère, ils se sont vus rejetés hors de la société. Victimes de la violence, se retrouvant sans abri, ils n’avaient plus d’autres ressources que de vivre comme des bêtes dans les rues et sur les décharges.
Nous avons dit à tous ces gens croupissant dans une misère indescriptible : “Si vous avez encore un peu de souffle de vie dans vos corps, vous pouvez vous mettre debout, vous êtes capables de préparer un avenir meilleur à vos enfants, vous pouvez prendre votre destin en main.”
Dès le début, j’ai mis les cartes sur la table : “Je ne viens pas vous assister, je n’ai pas d’argent à partager mais je peux vous donner du travail. Ensemble nous allons créer des emplois, des petites coopératives, des lieux de travail, pourquoi pas des petites entreprises. Je vous respecte trop, je ne veux pas vous assister.”
Aujourd’hui, nous pouvons parler de miracle parce que nous avons osé défier la fatalité. Ce miracle a été rendu possible grâce à la solidarité internationale et aux personnes de bonne volonté qui ont cru en notre Projet.
En quatorze ans, nous avons pu redonner une dignité humaine à ces exclus parce que nous étions là, toujours, pour consacrer le temps qu’il fallait à chacun d’eux. Nous les avons réellement écoutés et aidés tout de suite. En agissant ainsi, petit à petit nous avons pu gagner leur confiance et, aujourd’hui, ils sont devenus de vrais amis.
Peu à peu, ces gens ont retrouvé le goût de vivre. Ils ont fait preuve d’un grand courage en continuant le Projet malgré toutes les difficultés rencontrées. Nous devons nous aider les uns les autres et la prière du dimanche matin qui nous rassemble donne à tous un élan, une joie, dont nous avons besoin pour lutter contre les difficultés de la vie quotidienne.
A Akamasoa nous avons voulu réaliser la même vie que partout ailleurs : nous avons créé des emplois rémunérés.
Pour un coût relativement modeste, dix-sept villages ont été construits et quatre- vingt-deux villages des alentours ont bénéficié de l’arrivée des sans-abris, grâce à la construction d’écoles primaires et secondaires, à la création de dispensaires, de gendarmeries, d’installations sportives, de coopératives agricoles. Nous avons pu enthousiasmer et réveiller des villages complètement inactifs. Cet endroit est devenu comme un modèle de développement dans la campagne. Nous avons insisté aussi sur l’environnement : cinquante mille arbres ont été plantés et entretenus par les enfants des écoles qui y travaillent chaque vendredi.
L’éducation est notre priorité : nous essayons de donner aux enfants les outils qui leur permettront de réfléchir, de choisir, de s’engager et d’être solidaires à leur tour.
Les enfants d’Akamasoa (plus de neuf mille maintenant), nés dans la violence, survivant par la violence, vivent désormais dans un climat de paix et de sérénité qui surprend tous les visiteurs. Ils sont devenus un exemple pour les enfants des autres écoles.
Lorsque les touristes assistent à la messe du dimanche où se réunissent ces milliers d’enfants, ils sont bouleversés par leur enthousiasme à participer aux chants et par leur joie de vivre.
Celui qui arrive avec un cœur de pierre ne peut que repartir avec un cœur de chair.
Si un jour vous venez les rencontrer, ces enfants, qui autrefois mendiaient, vous prendront la main et vous diront : “bonjour, comment t’appelles-tu ?”
Mais il y a encore d’autres enfants à secourir. Notre présence, notre parole, nos conseils n’ont pas encore réussi à changer la mentalité de familles entières, trop habituées à chercher leur pitance dans les ordures au péril de leur vie. L’homme s’habitue à tout, même au pire. La bonne parole ne suffit pas toujours quand la famille est trop abîmée par les mauvaises habitudes. Il faut voir là un appel au secours, un appel à la dignité de l’être humain trop longtemps bafoué.
Puisque nous allons là où personne ne veut aller (auprès des plus pauvres), la solidarité nationale et internationale devient une loi de nécessité.
La Justice, le Partage et l’Amour sont les seuls chemins pour restaurer la dignité humaine, ainsi que la Paix entre les Peuples et les Nations !

Père Pedro

...(Extrait du livre Le Père Pedro nous dit des paroles de bienveillance)

  

 Editeur : Ateliers de "La Demeure"
Père André -Marie " La Demeure " 80290 Croixrault

des paroles
de bienveillance

Le Père Pedro
nous dit...

Il est plus simple d’avoir moins
Pour connaître
Un plus grand bonheur.
Les turbulences de la vie
Comme la tempête sur l’océan,
Ne laissent pas l’esprit en repos.
Où le courant du temps
Me conduit-il ?
Fais-je corps avec moi-même ?
Pour dénouer les fils entremêlés
De mon présent
Et de ma source originelle :
Me tenir immobile
Et laisser s’installer le silence
Pour que la paix
Puisse trouver son chemin
Dans mon cœur.
Alors peu à peu
Remontera en moi
Cette Vie qui m’habite.
La joie est une fleur.
Elle pousse dans la terre
De la Tendresse.
Tous les jours il faut l’arroser
Avec respect.

Si on éprouve  de la lassitude,
C’est peut-être
Parce qu’on n’a pas
Porté assez d’attention
A tous les petits miracles
Quotidiens.

Par la prière, la lumière surgit,
On trouve la Paix.




Pauvres ou riches,
Nous devons tous rechercher
La parcelle divine
Que Dieu nous a donnée
Pour Vivre dans le bonheur,
L’amour et la joie.
Nous ne pouvons le faire
Qu’en obtenant et en gardant
Le minimum nécessaire
Pour vivre
Et en partageant tout le reste.

(Extrait du livre Le Père Pedro nous dit des paroles de bienveillance)
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Père Pedro

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