1 Aout

 

Pourquoi parles-tu de l’amour
Au passé, comme d’une chose finie ?
Tu méprises l’amour
Parce que tu le conjugues à ta guise,
A ta façon, à ton modèle,
En cassette compacte,
Alors qu’il est grand, en toi,
Si grand que tu n’as le droit
Que de le vivre au présent, de le saisir,
Et d’en fleurir de bonheur et de joie
Chaque instant de ta vie, aujourd’hui.
Si l’amour était pour toi
Aussi précieux,
Tu le vivrais dans l’instant,
Au lieu de le pleurer dans le passé ;
Tu le cueillerais au présent,
Au lieu de le faner d’avant-hier ;
Tu le vivrais aujourd’hui,
Au lieu de le barboter
Dans la boue de larmes refoulées.

Sois, aujourd’hui, ouvert à ce qui est,
Et tu seras fidèle à l’amour
Qui a besoin de toi
Pour être une dimension de ton être.
C’est à l’amour que tu es infidèle
Lorsque, poussé par ton mental
Et les mensonges de tes émotions,
Tu te joues ton « cinéma ».
C’est à l’amour que tu es infidèle
Lorsque tu te ratatines en un sentiment,
Alors qu’il est la vie qui thésaurise,
En toi, ce qu’elle a de meilleur.
C’est à l’amour que tu es infidèle
Lorsque tu empêtres tes désirs
Dans de fausses émotions,
Ou des élucubrations cérébrales
Qui ne t’appartiennent pas.
C’est à l’amour que tu es infidèle
Lorsque tu masques tes angoisses,
Tes forces de vie,
Sans oser sortir de tes dépendances
Et rompre d’avec une part de toi-même.

C’est à l’amour que tu es fidèle
Lorsque tu remplaces les automatismes
De ton enfance, de ton éducation,
Et que, rompant avec eux,
Tu ne nies pas le passé, mais parviens
A l’intégrer dans le réalisme du présent.

 

Père André-Marie

Au-delà des divorces (tome II)