30 Avril
Tes larmes sont bien à toi,
On a voulu te les faire oublier,
Tu les as essuyé.
Au début, cela t’a révolté.
C’est tout ce qui te restait de l’amour.
Elles étaient douces et cruelles à la fois,
Ces larmes, de ne plus aimer,
Mais elles étaient tout ce qui te restait
D’avoir aimé.
Je ne te les volerai pas,
Je ne m’y introduirai pas
Mais je leur oserai seulement
Une question indiscrète et pertinente :
« Pour qui coulez-vous ? »
Est-ce l’amour qui pleure par elles ?
Est-ce l’éloignement
De celui à qui tu disais ton amour
Qui larme en toi
De tendresses désoeuvrées,
De caresses inaccomplies ?
Père André-Marie
Au-delà de la vie (tome III) |