9 Mars
Ne sachant plus
Si je suis mort à l’amour
Ou si c’est l’amour
Qui est mort à moi…
Ne sachant plus
Si c’est une partie d moi
Qui, entamée par les habitudes,
S’étiole et s’amenuise à la tendresse
Ou si l’amour, aimant les voies étroites,
Les chemins à ornières,
Se fraie difficilement, en moi,
La liberté de grandir…
Ne sachant plus
Si cette tristesse qui m’envahit
Est conséquence
De mes désirs impossibles
Ou si, ventre vide d’affection,
Je me suis mis en indigestion
D’un trop plein de tendresse…
J’aurais aimé être nuage,
Prendre la forme du vent qui passe,
Sans, pour autant, cesser
D’être fidèle à moi-même.
Père André-Marie
Au-delà des divorces (tome I)
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